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Obtenir une autorisation de travail : les démarches pour les employeurs et salariés étrangers

Temps de lecture estimé : 7 minutes | Mis à jour pour l'année en cours

Recruter un talent international ou venir travailler en France en tant que ressortissant étranger (hors Union Espace Économique Européen et Suisse) nécessite de respecter un cadre juridique strict. En France, l’exercice d’une activité salariée par un étranger est conditionné par la détention d’un document l'autorisant à travailler.

Depuis plusieurs années, toute la procédure a été profondément modernisée et centralisée via des plateformes numériques dédiées. Quelles sont les conditions ? Qui doit initier la demande ? Quels sont les pièges à éviter ? Faisons le point complet sur les démarches pour les employeurs et les salariés.

1. Qui a besoin d'une autorisation de travail en France ?

La règle générale varie selon la nationalité et le statut du travailleur :

  • Ressortissants de l'UE, de l'Espace Économique Européen (EEE) et de la Suisse : Ils bénéficient de la liberté de circulation et d'établissement. Ils n'ont aucune démarche à accomplir et peuvent travailler librement en France sans autorisation spécifique.
  • Ressortissants de pays tiers (hors UE/EEE/Suisse) : Sauf exception (par exemple, les détenteurs d'une carte de résident de 10 ans ou de certains statuts de protection internationale), l'exercice d'un emploi salarié est subordonné à la délivrance préalable d'une autorisation de travail.
À noter pour les étudiants :

Un étudiant étranger titulaire d'un VLS-TS "Étudiant" possède une autorisation de travail de plein droit, mais celle-ci est limitée à 60 % de la durée annuelle de travail (soit un maximum de 964 heures par an).

2. La démarche incombant à l'employeur (Procédure dématérialisée)

Traditionnellement, la charge de la demande reposait sur l'employeur souhaitant recruter une personne résidant encore à l'étranger ou nécessitant un changement de statut. C'est l'employeur qui doit initier la procédure d'introduction ou de régularisation.

Le portail unique de l'administration

Toutes les demandes d'autorisation de travail doivent impérativement être déposées par l'employeur sur le site officiel de l'État : le site de l'Administration des Étrangers en France (ANEF).

Les étapes clés pour l'employeur :

  1. Création d'un compte employeur : L'entreprise (ou son mandataire) se connecte au portail dédié aux employeurs de main-d'œuvre étrangère.
  2. Saisie du dossier : Renseignement des informations relatives à l'entreprise, au poste proposé, à la rémunération (qui doit respecter les seuils conventionnels et légaux) et aux qualifications du salarié.
  3. Transmission des justificatifs : Dépôt des pièces requises (contrat de travail signé ou promesse d'embauche, justificatifs de l'entreprise, CV et diplômes du salarié, etc.).
L'opposabilité de la situation de l'emploi :

Pour certains métiers, l'employeur doit d'abord prouver qu'il a tenté de recruter sur le marché local (en publiant l'offre auprès de France Travail pendant un certain délai sans succès) avant de pouvoir embaucher un ressortissant hors UE. Toutefois, de nombreux secteurs en tension (bâtiment, restauration, numérique, santé) sont dispensés de cette vérification.

3. L'instruction et la délivrance de l'autorisation

Une fois le dossier soumis en ligne :

  • L'instruction est menée par la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités), anciennement appelée DIRECCTE, pour le compte du préfet.
  • Un récépissé de dépôt est immédiatement généré.
  • En cas d'acceptation, l'autorisation de travail prend la forme d'un document sécurisé ou est directement intégrée aux données du futur titre de séjour du salarié.
  • L'employeur et le salarié reçoivent une notification de la décision.

4. Les obligations financières : La taxe OFII

L'embauche d'un salarié étranger introduit depuis l'étranger (ou présent sur le territoire sous certains motifs) donne lieu au paiement d'une taxe au profit de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII).

Cette taxe est acquittée exclusivement par l'employeur. Son montant varie en fonction du niveau de rémunération du salarié par rapport au SMIC et de la durée du contrat de travail. Les contrats de courte durée ou certains statuts spécifiques peuvent bénéficier de barèmes adaptés.

FAQ : Tout comprendre sur l'autorisation de travail

Que risque un employeur en cas de travail dissimulé ou sans autorisation ?

L'embauche ou le maintien en service d'un étranger démuni de titre l'autorisant à travailler est strictement interdite (sanction du "travail illégal"). Les sanctions sont lourdes : amendes administratives élevées, condamnations pénales (jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros d'amende et des peines d'emprisonnement), ainsi que des interdictions de soumissionner à des marchés publics.

Le salarié peut-il faire la demande lui-même ?

Dans le cadre d'un recrutement classique par une entreprise, c'est l'employeur qui effectue la démarche sur le portail ANEF. Néanmoins, pour certaines situations (par exemple, un changement de statut pour un étudiant qui termine ses études ou l'admission au séjour de certains conjoints), le salarié peut initier des démarches globales incluant l'obtention de son droit au travail.

Combien de temps prend l'instruction d'une demande ?

Le délai légal d'instruction par les services de l'État est généralement de 2 mois à compter de la délivrance du récépissé de dossier complet. Il est donc fortement recommandé d'anticiper les recrutements internationaux plusieurs mois à l'avance.

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