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Association ADA – Défense des Droits | Guide juridique | 25 octobre 2026

Admission exceptionnelle au séjour 2026 : comment déposer son dossier étape par étape et obtenir une régularisation par le travail ?

Régularisation des sans-papiers, métiers en tension, justificatifs de présence, fiches de paie, conditions de dépôt, avantages et recours : l'Association ADA – Défense des Droits vous explique les démarches à suivre en 2026.

Vous vivez en France sans titre de séjour et vous travaillez depuis plusieurs mois ou plusieurs années ? Vous souhaitez déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de votre préfecture ?

En 2026, la législation française prévoit une procédure particulière permettant à certains travailleurs étrangers exerçant dans des métiers connaissant des difficultés de recrutement de solliciter une régularisation.

Cette procédure, prévue à l'article L.435-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), est applicable, dans le cadre légal actuel, jusqu'au 31 décembre 2026.

L'Association ADA – Défense des Droits présente les conditions, les documents nécessaires et les précautions à prendre avant le dépôt.

1. Qu'est-ce que l'admission exceptionnelle au séjour ?

L'admission exceptionnelle au séjour, également appelée AES, est un mécanisme permettant à l'administration française d'accorder, dans certaines situations, un titre de séjour à une personne étrangère qui ne remplit pas les conditions habituelles de délivrance.

Il existe notamment deux fondements à distinguer :

  • L'article L.435-1 du CESEDA : admission exceptionnelle au séjour pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, selon les circonstances individuelles.
  • L'article L.435-4 du CESEDA : dispositif spécifique et temporaire de régularisation par le travail dans les métiers et zones géographiques en tension.
Attention : l'admission exceptionnelle au séjour n'est pas un droit automatique. Même si les conditions de durée de présence et de travail sont remplies, le préfet conserve un pouvoir d'appréciation.

2. Quelles sont les conditions pour être régularisé en 2026 ?

Condition n° 1 : résider en France depuis au moins trois ans

Le demandeur doit justifier d'une résidence ininterrompue en France depuis au moins trois années.

Les documents utiles comprennent notamment les justificatifs de domicile, les documents médicaux datés, les avis d'imposition, les courriers administratifs, les documents bancaires et les attestations d'organismes.

Condition n° 2 : avoir travaillé au moins douze mois

Le demandeur doit avoir exercé une activité salariée dans un métier et une zone géographique en tension pendant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois.

Il ne s'agit pas nécessairement de douze mois consécutifs dans la même entreprise.

Les emplois successifs peuvent être examinés, à condition que les activités prises en compte correspondent aux exigences légales.

Condition n° 3 : occuper actuellement un emploi en tension

Au moment de la demande, l'étranger doit occuper un emploi relevant de la liste officielle des métiers et zones géographiques en tension.

Le seul fait d'avoir travaillé auparavant dans un métier en tension ne suffit donc pas.

Condition n° 4 : justifier de son intégration

La préfecture examine également :

  • L'insertion sociale et familiale en France.
  • La réalité des activités professionnelles.
  • L'intégration dans la société française.
  • Le respect de l'ordre public.
  • L'adhésion aux principes de la République.

La maîtrise du français et les éléments d'insertion peuvent contribuer à l'appréciation globale du dossier.

Condition n° 5 : respecter les conditions relatives au casier judiciaire

L'article L.435-4 prévoit une exclusion en présence des condamnations, incapacités ou déchéances mentionnées au bulletin n° 2 du casier judiciaire, dans les conditions fixées par ce texte.

Cas particuliers : certaines périodes de séjour ou de travail, notamment celles accomplies sous certains titres étudiants, saisonniers ou documents liés à l'asile, sont exclues du calcul prévu par l'article L.435-4. Les ressortissants relevant d'accords bilatéraux, notamment les ressortissants algériens, doivent faire examiner leur situation au regard de leur régime particulier.

3. Quels sont les métiers en tension en 2026 ?

La liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement a été fixée par l'arrêté du 21 mai 2025.

Cette liste doit être consultée en fonction de la région où l'activité professionnelle est exercée.

Voici plusieurs familles professionnelles pouvant comprendre des métiers en tension selon les régions :

SecteurExemples de métiers à vérifier
Hôtellerie et restaurationCuisiniers, employés de cuisine, personnels de restauration.
BâtimentMaçons, ouvriers du gros œuvre, professionnels de certains travaux de finition.
Propreté et entretienAgents d'entretien de locaux, selon les zones et les catégories retenues.
AgricultureOuvriers agricoles, viticulteurs, maraîchers, selon les régions.
IndustrieSoudeurs, ouvriers qualifiés et certaines professions de production.
Aide à la personneAides à domicile et aides ménagères, selon les régions.
HôtellerieEmployés d'étage et autres catégories concernées selon les zones.
Attention : ce tableau est illustratif. Il ne constitue pas la liste exhaustive des professions éligibles. Un intitulé de poste courant ne correspond pas toujours exactement à la famille professionnelle figurant dans l'arrêté. Le métier et la région doivent être vérifiés ensemble.

Un agent de sécurité, un chauffeur-livreur ou un employé polyvalent ne doit donc pas présumer que son métier est automatiquement éligible.

Consultez la liste officielle : Arrêté du 21 mai 2025 relatif aux métiers et zones géographiques en tension.

4. Quels documents préparer avant le dépôt du dossier ?

L'Association ADA – Défense des Droits recommande de constituer un dossier clair, classé et accompagné d'un sommaire.

A. Identité et état civil

  • Passeport et pages utiles.
  • Acte de naissance et traduction si nécessaire.
  • Photographies d'identité conformes.
  • Ancien titre de séjour, le cas échéant.
  • Justificatif de domicile ou attestation d'hébergement avec pièces associées.

B. Preuves de présence en France

  • Courriers administratifs datés.
  • Documents de l'Assurance maladie.
  • Documents fiscaux.
  • Relevés bancaires utiles.
  • Factures et justificatifs de logement.
  • Documents médicaux ou scolaires pertinents.

Il est conseillé de présenter des preuves réparties régulièrement sur les trois années de présence, plutôt que de fournir uniquement des documents récents.

C. Preuves de travail

  • Contrats de travail et avenants.
  • Bulletins de salaire.
  • Attestations professionnelles.
  • Certificats de travail.
  • Documents sociaux permettant de corroborer l'activité.
  • Documents établissant la nature réelle du poste et le lieu de travail.

D. Justificatifs d'intégration

  • Attestations de formation en français.
  • Diplômes ou certificats.
  • Documents d'activité associative ou bénévole.
  • Justificatifs de liens familiaux et sociaux.
  • Autres éléments utiles à l'appréciation de l'insertion.
Conseil ADA : préparez un tableau chronologique avec trois colonnes : période, activité ou résidence, justificatif correspondant. Ce document facilite la compréhension du dossier par l'administration.

5. Comment déposer une admission exceptionnelle au séjour étape par étape ?

Étape 1

Vérifier votre éligibilité

Contrôlez la durée de présence en France, les douze mois d'activité salariée au cours des vingt-quatre derniers mois et l'emploi actuel dans une profession en tension.

Vérifiez également que votre situation relève bien du dispositif spécifique de l'article L.435-4.

Étape 2

Vérifier votre métier et votre région

Consultez la liste officielle et comparez les tâches réellement exercées avec les familles professionnelles de l'arrêté.

Une simple ressemblance entre deux intitulés de métier ne suffit pas.

Étape 3

Réunir les preuves de résidence

Classez les justificatifs par année et par mois. Vérifiez que les documents sont lisibles, datés et cohérents.

Étape 4

Réunir les preuves d'activité professionnelle

Préparez les contrats, bulletins de salaire et autres documents permettant d'établir la réalité de l'emploi.

Établissez une chronologie des périodes travaillées pour vérifier le calcul des douze mois.

Étape 5

Rédiger une lettre explicative

La lettre doit présenter votre identité, votre parcours en France, votre activité professionnelle, les périodes travaillées et le fondement juridique de la demande.

Elle doit rester factuelle, précise et cohérente avec les pièces jointes.

Étape 6

Consulter les modalités de votre préfecture

Le dépôt n'est pas organisé de façon identique dans tous les départements.

Selon la préfecture, il peut être nécessaire d'utiliser une plateforme dématérialisée, de solliciter un rendez-vous ou de suivre une procédure particulière.

Consultez exclusivement le site officiel de la préfecture compétente pour votre domicile avant d'envoyer le dossier.

Rechercher les coordonnées officielles de votre préfecture.

Étape 7

Déposer le dossier complet

Respectez les formats, formulaires, modalités de transmission et exigences documentaires indiqués par la préfecture.

Conservez une copie intégrale du dossier et toute preuve de dépôt ou de transmission.

Étape 8

Suivre l'instruction

L'administration peut demander des pièces complémentaires, vérifier l'activité professionnelle ou convoquer le demandeur.

Répondez dans les délais indiqués et conservez les échanges.

Étape 9

Recevoir la décision

En cas de décision favorable, une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou « travailleur temporaire », valable un an, peut être délivrée.

La délivrance entraîne également l'autorisation de travail prévue par le dispositif, matérialisée par un document sécurisé.

Attention : le simple dépôt d'une demande d'AES ne régularise pas automatiquement le séjour et ne donne pas, à lui seul, le droit de travailler. Une demande peut également conduire à un refus, éventuellement accompagné d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

6. Faut-il obligatoirement l'accord de l'employeur ?

Le dispositif spécifique des métiers en tension permet au travailleur étranger de présenter personnellement sa demande.

Il n'est donc pas soumis, comme certaines autres démarches de régularisation par le travail, à la production obligatoire d'une demande d'autorisation de travail déposée préalablement par l'employeur.

Cette autonomie constitue l'un des intérêts majeurs du dispositif.

Toutefois, l'administration doit pouvoir vérifier la réalité de l'emploi et les conditions d'exercice de l'activité.

Les bulletins de salaire, contrats, déclarations sociales et autres preuves professionnelles restent donc essentiels.

7. Quels sont les avantages de la régularisation par les métiers en tension ?

  • Une démarche initiée par le salarié : le demandeur peut constituer personnellement son dossier.
  • La prise en compte d'emplois successifs : les douze mois de travail ne doivent pas obligatoirement être consécutifs.
  • L'absence d'exigence du visa de long séjour : cette condition est écartée par le dispositif.
  • La possibilité d'obtenir un titre de séjour : une carte temporaire d'un an peut être délivrée.
  • Une autorisation de travail associée : la délivrance du titre entraîne celle de l'autorisation prévue par le texte.
  • Une meilleure stabilité administrative : en cas d'acceptation, le bénéficiaire dispose d'un cadre légal pour son séjour et son activité autorisée.
À retenir : cette procédure permet de prendre en considération une activité professionnelle déjà exercée en France, mais elle ne garantit ni l'obtention du titre ni son renouvellement automatique.

8. Pourquoi une préfecture peut-elle refuser une demande ?

Les difficultés suivantes peuvent compromettre une demande :

  1. Une résidence en France insuffisamment établie.
  2. Moins de douze mois d'activité éligible sur la période exigée.
  3. Un métier ou une région ne correspondant pas à la liste officielle.
  4. L'absence d'emploi éligible au moment de l'examen.
  5. Des justificatifs professionnels insuffisants ou contradictoires.
  6. Des difficultés relatives à l'identité ou à l'authenticité des documents.
  7. Des éléments défavorables liés à l'ordre public ou aux conditions légales d'admission.
  8. Une situation relevant d'un régime juridique particulier.

Quelles sont les conséquences d'un refus ?

Un refus peut laisser le demandeur en situation irrégulière. Il peut également être accompagné d'une OQTF.

Les conséquences dépendent du contenu de la décision et de la situation individuelle.

Vigilance ADA : si vous avez déjà reçu une OQTF, une interdiction de retour ou une décision préfectorale défavorable, faites examiner votre situation avant tout nouveau dépôt. Une demande d'AES ne suspend pas automatiquement une mesure d'éloignement.

9. Quels recours après un refus d'admission exceptionnelle au séjour ?

Selon la décision reçue, plusieurs voies peuvent être envisagées :

  • Un recours gracieux auprès de l'autorité préfectorale.
  • Un recours hiérarchique auprès du ministre compétent.
  • Un recours contentieux devant le tribunal administratif.

Les délais et les procédures dépendent de la nature de la décision et, notamment, de la présence éventuelle d'une OQTF.

Les délais de recours contre certaines mesures d'éloignement peuvent être très courts.

Il est indispensable de lire immédiatement les voies et délais de recours mentionnés sur la notification.

Un avocat en droit des étrangers peut examiner les moyens juridiques disponibles et les conséquences de chaque démarche.

10. Conseils de l'Association ADA – Défense des Droits

Avant de déposer une demande, l'Association ADA recommande de :

  • Vérifier le fondement juridique le plus adapté.
  • Contrôler la correspondance entre le métier et la région.
  • Classer les justificatifs dans l'ordre chronologique.
  • Présenter un parcours professionnel cohérent.
  • Ne jamais produire de documents falsifiés.
  • Conserver une copie de chaque pièce transmise.
  • Vérifier les modalités de dépôt sur le site officiel de la préfecture.
  • Anticiper les risques en présence d'une mesure d'éloignement.

Une demande bien préparée facilite son examen, sans garantir une décision favorable.

11. Questions fréquentes

Peut-on déposer une admission exceptionnelle au séjour en octobre 2026 ?

Oui. Le dispositif spécifique des métiers en tension prévu par l'article L.435-4 est actuellement applicable jusqu'au 31 décembre 2026. Les modalités concrètes de dépôt doivent être vérifiées auprès de la préfecture compétente.

Faut-il obligatoirement trois ans de présence en France ?

Oui, pour le dispositif spécifique de l'article L.435-4. Les autres fondements d'admission exceptionnelle au séjour obéissent à une appréciation différente.

Faut-il douze fiches de paie ?

La loi exige douze mois d'activité salariée éligible sur les vingt-quatre derniers mois, et non simplement douze documents. Les bulletins de salaire constituent des preuves importantes, mais d'autres justificatifs peuvent être examinés.

Peut-on déposer sans l'accord de l'employeur ?

Le salarié peut présenter personnellement sa demande dans le cadre du dispositif des métiers en tension. Il doit néanmoins établir la réalité de son activité professionnelle.

Une promesse d'embauche suffit-elle ?

Non, une simple promesse d'embauche ne remplace pas les conditions d'activité passée et d'emploi actuel exigées par l'article L.435-4.

Peut-on déposer avec une OQTF ?

La présence d'une OQTF nécessite une analyse juridique individualisée. Le dépôt d'une demande n'annule pas automatiquement cette mesure et ne suspend pas nécessairement son exécution.

Un ressortissant tunisien ou algérien peut-il demander une régularisation ?

Oui, une demande peut être examinée selon le régime applicable à sa nationalité. Toutefois, les accords bilatéraux peuvent modifier le fondement juridique utilisable. Il faut notamment distinguer les règles applicables aux ressortissants algériens et les dispositions particulières éventuellement applicables aux ressortissants tunisiens.

Combien de temps dure l'instruction ?

Il n'existe pas de délai pratique uniforme dans toutes les préfectures. Les délais dépendent notamment du département, de la complétude du dossier et des vérifications nécessaires. Il faut également tenir compte des règles relatives aux décisions implicites.

Que se passe-t-il après le 31 décembre 2026 ?

Le dispositif temporaire de l'article L.435-4 est prévu jusqu'à cette date, sauf modification législative. Il ne faut pas présumer de sa prolongation. Les autres fondements légaux d'admission au séjour doivent être examinés séparément.

12. Conclusion

L'admission exceptionnelle au séjour par les métiers en tension représente, en 2026, une possibilité de régularisation pour certains travailleurs étrangers présents en France.

Elle repose sur des conditions précises : trois ans de résidence ininterrompue, douze mois d'activité professionnelle éligible au cours des vingt-quatre derniers mois et un emploi actuel correspondant à la liste officielle.

La qualité des justificatifs, la cohérence du dossier et le respect des modalités de dépôt sont essentiels.

L'Association ADA – Défense des Droits encourage chaque demandeur à faire examiner sa situation individuelle avant toute démarche susceptible d'avoir des conséquences sur son droit au séjour.

Association ADA – Défense des Droits

Information, orientation et accompagnement dans les démarches administratives et l'accès aux droits.

Pour une demande de titre de séjour, un refus préfectoral ou une mesure d'éloignement, il est important de disposer d'informations fiables et de vérifier les procédures applicables.

Notre engagement : informer, orienter et favoriser l'accès aux droits.

Sources juridiques officielles

Article d'information générale publié le 25 octobre 2026. Les règles peuvent varier selon la nationalité, la situation individuelle et les décisions administratives. Cet article ne constitue pas une consultation juridique individualisée.